L'Histoire des thériaques
d'après Mithridate VII et Andromaque l'Ancien
et du véritable Elixir de Longue Vie ®
Mithridate VII Eupator
Mithridate VII (135-63 av. J.-C.) avait 11 ans quand son père le roi du Pont-Euxin sur la mer Noire mourut, peut-être empoisonné par son épouse. Craignant pour sa vie, il quitta sa mère et le palais et partit à la rencontre des paysans et des bergers, vécut à la dure et s'intéressa aux propriétés des plantes des régions environnantes. Dans le but d'immuniser son organisme, il absorbait chaque jour de petites doses de poison, mais pour subsister, il utilisait les propriétés des plantes qu'il apprenait à connaître. Il passa 7 années à étudier et réunir une quarantaine de plantes, racines et résines aux propriétés détoxicantes à réputation d'antipoison ; broyées finement, il y ajoutait un peu de miel et de vin de grenache afin d'obtenir une pâte molle : un électuaire qu'il consommait régulièrement, ce qui lui permettait de neutraliser le poison qu'il absorbait chaque jour. Agé de 18 ans, sa mère étant morte, peut-être empoisonnée par lui-même ( ?), il revint au palais, monta sur le trône et épousa sa sœur. Cet électuaire fut surnommé par Nicandre « thériakos » qui signifie « contre les bêtes sauvages et venimeuses » ; ce terme fut aussi utilisé plus tard par Criton, Galien, Avicenne pour d'autres mélanges de plantes.
La thériaque de Mithridate acquit une telle réputation que par la suite elle fut utilisée par toutes les cours riveraines de la méditerranée, aux fins de se préserver d'empoisonnement : ce fut la mithridatisation. A chaque fabrication de cet électuaire, le contrôle de son efficacité était radical : on faisait absorber un drachme (3.824 grammes) de ce produit à un coq de combat que l'on mettait ensuite face à une vipère. Quand la vipère avait mordu le coq, si celui-ci résistait, le mélange était parfait, si le coq mourait on jetait tout et on recommençait. Pendant des siècles cette « thériaque » a été utilisée contre les morsures de vipères, de scorpions ainsi que pour toutes les blessures et pour tous les problèmes de santé. On en faisait absorber chaque jour un drachme au patient et on appliquait l'électuaire comme un cataplasme, sur la blessure ou l'organe malade. Mais, elle ne devait pas être associée à du lait. Sa réputation de panacée fut immense.
Andromaque l'Ancien
Ne pas confondre avec Andromaque le Jeune qui passa sa vie à étudier les propriétés thérapeutiques de la chair de vipère femelle.
Quand Andromaque l'Ancien, le futur médecin de Néron, arriva chez les Romains, cette thériaque avait depuis longtemps déjà prouvé son efficacité et bénéficiait d'une très grande réputation. Cependant, les Romains aimant la belle vie, Andromaque l'Ancien y ajouta de nombreux toniques, dynamisants, excitants, ainsi que quelques aphrodisiaques. Il porta ainsi la formule à 72 composants.
Plus tard, Galien (131-210 ap. J.-C) vanta les vertus de cette fameuse panacée. Il composa lui-même une formule différente à 57 composants seulement, par économie peut-être, afin que les moins riches puissent en bénéficier également. En effet, certains ingrédients de la formule d'Andromaque sont rares et chers.
Pour Avicenne (980-1037), la thériaque d'Andromaque, c'était la « thériaque terrible » ; elle était selon lui la plus efficace et la plus utile contre les piqûres de scorpions, les morsures de serpents et de chiens enragés, les empoisonnements, les maladies bilieuses et les fièvres, l'apoplexie, les syncopes, l'épilepsie, les paralysies faciales, les idées démoniaques, la folie, la lèpre et les maladies du cœur, etc. Il la conseillait également pour améliorer la perception sensuelle, la clarté d'esprit, stimuler l'appétit, faciliter la respiration, diminuer l'intensité des palpitations, arrêter les hémorragies et faciliter le travail des reins et de la vessie, aider à la dissolution des calculs rénaux et biliaires, prévenir l'apparition des ulcères ; il ne mentionnait pas moins de 84 indications...
D'après Avicenne, quand on prenait régulièrement la thériaque d'Andromaque alors qu'on était en bonne santé, elle annulait l'efficience des poisons, aidait à protéger des maladies et des épidémies.
Pendant des siècles, la thériaque d'Andromaque a été utilisée en cas d'anorexie, nausées, aigreurs, gastrites, crampes et douleurs d'estomac, flatulences et constipations, colopathies fonctionnelles . Réputée comme véritable antipoison, elle a aidé à l'élimination des toxines, des métaux lourds et de tous agents nocifs. On l'a longtemps utilisée pour la mémoire et les migraines en compresses sur la tête et les vertèbres cervicales, pour les troubles de la vue en compresses sur les yeux fermés, pour les maux de dents en rinçage de la bouche à conserver quelques temps, les aphtes, les maux de gorge en gargarismes puis en avalant lentement, en compresses sur la vésicule biliaire et les éruptions cutanées, contre les vers, même le solitaire en interne plus compresses sur le nombril, en interne et en externe en cas de rhumatisme, de goutte et de sciatique, sur les brûlures légères et les bosses en cas de choc, sur les corps aux pieds, en cas d'anémie, de mauvaise circulation, d'insomnie, mélancolies et dépressions, d'ivresse et bien sûr comme fortifiant, ect...
Les formules d'Andromaque et de Galien persistèrent jusqu'au milieu du XVIIIème siècle; de nombreux dérivés en ont découlé, jusqu'à la « thériaque du pauvre » qui ne comportait plus officiellement que 4 plantes. Nous savions par les écrits de Galien, d'Avicenne et d'autres auteurs que la formule d'Andromaque comportait 71, 72 voire 74 ingrédients mais, à notre connaissance, personne jusqu'à présent n'avait pu se la procurer. La Providence nous a permis de la découvrir quelque part où nous n'avions encore jamais eu l'idée de la chercher. Rassembler aujourd'hui une telle quantité d'ingrédients ne fut pas une mince affaire. Certaines plantes sont rares, donc chères ; 4 sont aujourd'hui interdites, que nous avons remplacées par des plantes sœurs ou cousines, aux propriétés approchantes.
Tous les ingrédients sont broyés très finement et mélangés avec soin avec le miel et un peu de vin de grenache. Cette thériaque doit macérer trois mois minimum car de nombreuses synergies se créent entre toutes ces plantes; elle peut se conserver très longtemps, peut-être un siècle, ou plus ?... Cependant, selon les auteurs, son efficacité maximum se situe entre trois mois et cinq, voire sept ans.
Le véritable Elixir de longue vie®
Pour l'obtenir, une quantité précise de cette thériaque est incorporée dans de l'alcool à 60° avec encore certaines autres plantes telles que l'aloès, la gentiane, la rhubarbe, le zédoaire, l'agaric blanc et le safran. Cette seconde macération doit perdurer 40 jours minimum en ayant soin d'agiter régulièrement. Puis, c'est la filtration, le dosage à 40° ou 17° et la mise en flacons.
L'Elixir de longue vie® qui découle de cette thériaque doit à sa composition unique (79 ingrédients) ses excellentes qualités de régulateur des fonctions digestives et dépuratives ; antioxydant et dépuratif, il aide à la stimulation de la vésicule biliaire et du foie ; c'est un excellent stimulant tonique et rééquilibrant. Il peut être conseillé en parallèle de traitement lourd et pour accompagner les convalescences. Son absorption régulière procure bien-être et forme. Bienfaiteur de l'organisme, il participe activement à prévenir les inconvénients dus à l'âge.
Pour usage externe, cet Elixir a donné naissance à un gel.
La formule d'Andromaque, très riche en flavonoïdes ne contenant ni séné, ni camphre, est donc exempte de leurs inconvénients ; elle est unique dans sa composition ; si la thériaque de Mithridate à rendu de très importants services à son époque, le complément apporté par Andromaque en a fait une panacée jusqu'au milieu du 18e siècle. C'est une grande chance d'avoir pu la retrouver.
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